Mardi 22 juillet 2008
Le projet de loi relatif aux « droits et devoirs des demandeurs d'emploi » (1) a été complété d'un amendement qui se veut rassurant quant à la rémunération du futur emploi « raisonnable » :

« Art. L. 5411-6-4. – Les dispositions de la présente section et du 2° de l’article L. 5412-1 ne peuvent obliger un demandeur d’emploi à accepter un niveau de salaire inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et pour la profession concernée. De plus, elles s’appliquent sous réserve des autres dispositions légales et des stipulations conventionnelles en vigueur [...] »

Quand on connait les minima SYNTEC, convention appliquée dans la plupart des SSII, on se fera néanmoins un minimum de mouron, sauf à espérer que le « salaire normalement pratiqué dans la région » soit à la hauteur de la
prétendue pénurie de candidats dans le secteur informatique.


(1) http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0174.asp
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Vendredi 18 juillet 2008
L'assemblée a adopté le projet de loi portant sur « l'offre raisonnable d'emploi » (1).

Désormais, un demandeur d'emploi devra, après 4 mois, accepter un poste rémunéré à 95% de son ancien salaire, puis 85% au bout de 6 mois.

Après un an, il devra accepter une rémunération du montant de son allocation chômage, soit environ 70% de son ancien salaire.

Peut-être même devra-t-il accepter le SMIC, puisque tout le monde n'a pas droit à un an d'allocation.

Certaines SSII vont être ravies : elles rechignent à embaucher des personnes de plus de 30 ans, puisqu'il faut les payer, tout en disant que certaines compétences viennent à manquer.

Disons plutôt qu'il fallait les payer : il leur suffira maintenant de piocher dans le vivier abondant de l'ANPE pour obtenir des candidats soldés, selon leur patience, de -5 à -30%.

Et encore mieux par la suite : un demandeur d'emploi finissant (c'est bien le mot) par accepter 70% de son dernier salaire, s'il se retrouve à nouveau un an au chômage, devra accepter 70% de 70%, soit 49% du salaire qu'il percevait.

Il serait presque rentable de virer les gens les plus compétents pour les embaucher un an plus tard.

On pourra donc d'ici peu s'offrir les services d'informaticiens expérimentés à des tarifs que les pays émergents nous envieraient presque.

Voilà qui devrait limiter les délocalisations dans l'informatique.

Reste une question : s'il y a tant de demandeurs d'emploi, n'est-ce pas plus par manque d'offres « réelles » que par manque d'offres « raisonnables » ?

(1) Raisonnable, c'est à dire correspondant aux qualifications et situé à moins de 30 km ou 1 heure de transport en commun. Facile de biaiser : il suffit, pour un informaticien, de déménager en pleine campagne : pas de transport en commun, et rien à moins de 50 km.(Ne dites pas que je vous ai donné ce tuyau)

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Jeudi 10 juillet 2008
Malgré la baisse inéluctable et déjà sensible des prix de l'immobilier, les professionnels se veulent rassurants : la situation française n'aurait rien de commun avec celles de l'Espagne et de l'Irlande où la marché s'effondre.

Certes, mais qui va pouvoir acheter tous ces appartements vides et hors de prix en ces temps de remontée des taux, d'augmentation du prix des carburants et de crise économique ?

Pas moi, d'autant que le mètre carré est toujours à plus de 3000 euros dans des résidences aussi neuves qu'éloignées de tout.

On voit fleurir des prospectus publicitaires avec des remises en milliers d'euros pour des maisons et appartements « immédiatement disponibles », parce que déjà finis et pas encore vendus, à des prix de centre ville malgré leur éloignement de 30 km.

Cerise déconfite sur le gâteau empoisonné : c'est officiel, le Danemark est en récession. Quand on pense qu'il y a quelques mois encore il était présenté comme un modèle de réussite économique.
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Mercredi 9 juillet 2008
Longtemps nos frontières ont été imperméables aux nuages radioactifs.

C'est aujourd'hui de Tricastin que vient une pollution à l'uranium (1) . La préfecture, par précaution, a demandé aux habitants de ne pas boire l'eau du robinet, d'éviter les activités nautiques, et d'oublier la pêche.

Les plus inquiets trouveront avantage à s'arrêter de respirer jusqu'à plus ample informé.

(1) Une « petite fuite » de 30 mètres cubes d'eau contaminée
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Jeudi 3 juillet 2008
Brillant article (1) sur la « mutation du métier de recruteur », les pauvres !

Ils seraient confrontés à « un bouleversement des méthodes d'approche ».

Ben oui, ça s'appelle du mailing maladroitement ciblé (Spam ?), et ils ne se privent pas, j'en ai encore reçu un aujourd'hui (2). D'une société dont je finirai bien par donner le nom, et qui, régulièrement, m'informe que mon CV a retenu toute son attention et que des postes correspondants à mes compétences sont vacants sur Toulouse.
Cette même société m'a par trois fois, dont une cooptation, informé de l'inadéquation de mes compétences avec les postes en question.
Des mauvaises langues prétendent qu'ils ne recrutent pas au delà de 30 ans.

« Les profils jeunes sont particulièrement recherchés », en effet , c'est bouleversant !

« Un marché de l'emploi tendu ». C'est bien connu, dès que le taux de chômage remonte au dessus de 7%, le marché se tend, il n'y a plus que 2 millions de demandeurs d'emploi dûment indemnisés, dont près de 30 000 dans l'informatique.

« Les candidats à l'embauche en position de force », à condition de parler 5 langues couramment, de sortir d'une école d'ingénieur à 20 ans et d'avoir déjà 10 ans d'expérience.

Et pour conclure : « le recrutement facile a vécu ».
C'est vrai, surtout pour les candidats de plus de 35 ans dans l'informatique.



(1) http://www.strategies.fr/magazine/article.php?cle_page=47624

(2) Admirez la prose :
« Bonjour,

Suite à la lecture de votre CV sur le site Monster, votre profil a retenu toute notre attention.
En effet, il correspond à des postes ouverts au sein de notre Agence à Toulouse.

Si vous êtes intéressé par une nouvelle opportunité au sein de notre groupe. Je vous remercie de me transmettre vos coordonnées ainsi que votre CV et toute information qui nous permettra de cibler rapidement le poste qui correspond à vos aspirations ( région, disponibilité...etc), à l'adresse suivante: »
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Mercredi 18 juin 2008
Soyons clair, il s'agit du blues des « chasseurs de têtes », pas des recruteurs à la petite semaine qui cherchent du développeur à 20k euros pour des missions sans intérêt en rase campagne (c'est encore pire pour ces derniers, les « cabinets » les plus bas de gamme, et les mieux nommés par leurs méthodes).

L'article est édifiant (1), il y aurait un vent de révolte chez les futurs, et toujours jeunes, recrutés.

Comment s'étonner de cet état de fait après des années à ne pas rappeler les candidats, envoyer des centaines de mails pour le plus insignifiant des postes, réduire constamment les prétentions sous le fallacieux prétexte de la « pression » qu'exerceraient les clients, et mépriser ouvertement les plus de 30 ans.

Il semblerait que les « 3 à 6 ans d'expérience » soient parmi les plus recherchés. Quelle surprise. Il y aurait même des personnes capables d'accepter un salaire moindre pour de meilleures conditions de travail. Vraiment renversant.

L'article parle même de « surchauffe » du marché de l'emploi des cadres : laissez moi rire (jaune), plus du quart des offres (APEC) concernent l'informatique...Et une étude de l'APEC révèle qu'il y avait, en 2007, 8 offres d'emploi dans l'informatique pour une création de poste.

Rien d'étonnant : plusieurs SSII ou cabinets sont sollicités pour un poste, chacun publie une annonce, et forcément, tous sauf un se plaignent de ne pas pourvoir recruter et de la pénurie de candidats.

D'après une étude de la DARES (2) , le nombre d'offres par demandeur d'emploi dans l'informatique est de 0,89 au 4ème trimestre 2007. Mais si on divise par 8 comme indiqué ci-dessus...On est loin de la pénurie.

Le plus affligeant est de ne voir venir aucune remise en cause des méthodes ou des critères de recrutement : on continue de rechercher des gens qui n'existent pas, ou d'aller les chercher ailleurs, plutôt que d'accepter un minimum d'effort de formation – ou simplement des candidats de plus de 30 ans - pour ceux présents sur le marché.

(1) http://www.newzy.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=1775&Itemid=183

(2) http://www.travail-solidarite.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques-dares/etudes-recherche/publications-dares/
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Mercredi 11 juin 2008
C'est certainement un effet saisonnier, on voit à nouveau fleurir des annonces prometteuses d'une exceptionnelle carrière dans l'informatique.

Les critères qui permettront d'accéder à ces éminentes fonctions sont les mêmes que d'habitude, ou plutôt, le même : jeune diplômé.

Ces annonces précisent bien qu'il suffit d'être diplômé dans à peu près n'importe quel domaine, pour devenir, après une durée variable selon les entreprises, d'un à deux mois, un informaticien désormais paré des meilleurs atouts et apte à devenir un prophète des technologies d'avenir.

Bien entendu, on fera mine d'oublier deux points essentiels : d'une part, il est tout à fait illusoire de résumer en quelques semaines ce qui prend, quand bien même on n'a qu'un modeste DUT, deux années scolaires; et c'est même méprisant pour ceux qui auraient suivi un tel cursus.

D'autre part, faire miroiter un poste intéressant dans un métier où il y en a si peu, et où une écrasante majorité d'employés sont titulaires d'un bac+ 5 informatique ou d'un diplôme d'ingénieur, frise la désinformation, en particulier dans une période aussi peu favorable. La plupart seront programmeurs, et quitteront le métier dès que possible.

Mais ces annonces existent, il y a bien un marché, à condition d'être jeune et prêt à accepter un salaire de débutant.

Ceux, plus âgés, plus expérimentés, et forcément plus gourmands, pourront néanmoins se satisfaire de cette appréciable contribution à la résorption de la pénurie, aujourd'hui si durablement installée dans les esprits qu'elle finira peut-être par devenir une réalité (1).

En attendant, j'attends.

(1) pour plus d'information sur ce phénomène, on pourra se rendre ici : http://www.munci.org/20080522/Tout-va-tres-bien-dans-le-secteur-informatique
et ici :
http://www.munci.org/20080315/INFORMATICIEN-en-SSII-les-raisons-du-MALAISE
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Jeudi 29 mai 2008
Loin de moi l'idée de remettre en cause la parfaite intégrité des recruteurs, leur imperméabilité à quelque forme que ce soit de discrimination, leur insensibilité face aux sirènes du jeunisme, l'infaillibilité de leurs méthodes de sélection, ou leur légendaire probité.

Néanmoins suite à une autre tentative de cooptation, bien antérieure à celle narrée hier, et malgré l'intérêt suscité par mon CV, une question subsidiaire m'a été posée par mail : on m'a demandé mon âge.

Plus de nouvelles depuis l'aveu de ce chiffre : cette absence de réponse est très certainement liée à une panne malheureuse du serveur de messagerie, la rupture inopinée d'une fibre optique, le formatage fortuit du disque dur du destinataire, voire une panne électrique générale et malencontreuse suite aux orages dont la région est victime ces derniers temps, et n'est bien entendu en aucun cas à mettre en relation avec mon âge.

Je ne serais pas surpris si je recevais dans les prochains jours (Mois ? Années ?) les plus plates excuses de cette société victime innocente de cette avalanche de calamités.
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Mercredi 28 mai 2008
La cooptation étant à la mode, j'ai repris mes recherches d'emploi par ce biais.

Bien mal m'en a pris ! Alors même que l'habitude est de ne procéder qu'à des entretiens de validation de la candidature proposée par un collaborateur de la société, j'ai eu droit au grand jeu : deux entretiens (et 3 interlocuteurs).

Le premier s'est déroulé comme il se doit avec les « RH », en prime un test, passablement commenté, et d'emblée, des cris d'orfraie à cause de mes prétentions « démesurées ». Honte à moi de demander un salaire digne de 10 ans d'expérience alors que j'en ai 15 (1), tout en précisant qu'on pouvait le négocier.

Le second se voulait plus technique, mais n'a été qu'une suite de critiques à peine voilées, semble-t-il destinées à me faire revoir à la bais(s)e mes prétentions salariales.
La plus imbécile des remarques, signe d'une rare compétence et d'une étonnante ouverture d'esprit, a été de me demander si mon diplôme était un « vrai » diplôme.

Il s'en est fallu de peu que je réponde par un élégant : « bien sur que non, connard, c'est une formation bidon, et chacun gagne, grâce à la pochette surprise offerte à la fin, un pseudo diplôme après 3 ans de vacances ».
Mais ma diplomatie m'a fait opter pour un soupçon de pédagogie quant à la reconnaissance des formations en France, totalement inutile, les jeux étaient déjà faits. Et dès ce matin, un mail standardisé me prévenait de l'absence de suite donnée à ma candidature.

Si même par la cooptation, et en pleine période de « pénurie », je n'arrive pas à trouver un travail, il est grand temps que je change de planète, en souhaitant que ce simulacre de recrutement ne porte pas préjudice à celui qui avait transmis mon CV.

(1) Après vérification, je n'ai demandé que 10% de plus qu'un candidat embauché récemment avec 7 ans d'expérience, et moyennement efficace d'après ce qu'on m'a dit.
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Mercredi 21 mai 2008
Le 24 Septembre 2007, une nouvelle est tombée : le pétrole va atteindre des sommets.

Une banque d'investissement (1) publiait une prévision très argumentée concernant le prix du baril : celui-ci pourrait atteindre le chiffre astronomique de 85$ en moyenne sur 2008, avec un pic à 95$ fin 2008.

Le 16 Mai 2008, le cours prévu par les mêmes experts était de 141$ au deuxième semestre 2008 (2), après une précédente prévision à 107$.

Jamais à court d'idées, ils nous avertissent aujourd'hui qu'il sera probablement de 200$ « d'ici 6 mois à 2 ans » (l'article précise même qu'ils ont fait cette prévision début mai, or, début mai, ils en étaient encore à un modeste 141$ ).

Au cours actuel de l'euro, ce n'est qu'à partir de 250$ le baril qu'il me coutera plus cher de rouler avec mon modeste diesel qu'avec mon précédent véhicule, qui était, il est vrai, particulièrement glouton.

Néanmoins, c'est avec regret que j'ai manqué une carrière d'expert en prévisions économiques : agréable travail que de passer son temps à expliquer demain pourquoi ce qu'on a prévu hier n'est pas arrivé aujourd'hui.


(1) http://www.energypublisher.com/article.asp?id=11171
(2) http://www.cnbc.com/id/24664918/
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Présentation

Profil

  • : demandeur d'emploi
  • affresdemploi
  • : Homme
  • : 01/01/1970
  • : Ailleurs
  • : 20 ans d'expérience en informatique de gestion, puis un diplôme d'ingénieur, au chômage depuis janvier 2007. Inemployable pour une SSII, irrécupérable pour les autres : trop cher, trop vieux, à la fois trop compétent et pas assez.

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