Vendredi 6 juin 2008
« voir la Chine du haut de son cheval » d'Eric Meyer, journaliste installé à Pékin depuis 2 décennies.

Plus d'une centaine de chroniques classées par thème (famille, environnement, santé, etc.), chacune ayant pour titre un proverbe chinois écrit en caractères traditionnels et en pinyin (1), présentant un portrait de la Chine loin de l'image lisse et monolithique que nous en donnent souvent les médias.

Les sujets abordés vont d'un fils qui économise le prix d'une journée de travail de son père (qui travaille 12 heures par jour sept jours sur sept) afin de passer une journée avec lui, aux dérives d'une idéologie à l'agonie, en passant par la tradition des mères porteuses.

Et les surprises sont nombreuses, comme la violence conjugale, présente dans 37% des foyers, tant ruraux qu'urbains, ou les écoles de luxe dont le seul critère de sélection est le revenu parental, ou encore la corruption endémique à tous les niveaux de l'administration.

Dans un registre plus anecdotique, la Chine, qui représente 22% de l'humanité, n'utilise qu'une centaine de noms de famille, et c'est ainsi que le mythique clan Li, dont est issu Li Peng, ex-premier ministre, comptait, en 2002, 87 millions de personnes.

On notera aussi la découverte d'une nouvelle sous-espèce animale, le chameau « salé » dans les déserts de Gobi et de Lop Nor, capable d'ingurgiter la seule source d'eau disponible dans son habitat naturel : la saumure .

Les gastronomes apprendront avec délectation la recette du « combat du dragon et du tigre » : une soupe au chat et au serpent, très en vogue en 2001, année du serpent. Ce met délicat a eu raison des ophidiens, prédateurs naturels des rats et autres vermines, si bien que depuis, chaque année, 50 millions de tonnes, soit 10% des récoltes, sont perdus.

(1) Le PinYin (拼音 ) est le système de transcription phonétique en écriture latine du mandarin depuis 1958.
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Vendredi 18 avril 2008
« Comment réussir à échouer, trouver l'ultrasolution » de Paul Watzlawick

Comment trouver la solution qui fera disparaître le problème, comme le dit un chirurgien sortant de la salle d'opération : « opération réussie, patient décédé ».

La relecture de ce livre est salutaire en ces temps où des idéologies d'un autre âge tentent de nous séduire. Depuis Platon, la paradoxe est connu : seuls les plus sages doivent diriger la société. Problème : qui peut désigner les plus sages, sinon des personnes encore plus sages, et qui donc devraient être désignées ? Ou bien des moins sages devront-ils désigner les plus sages ?

L'auteur rappelle aussi que 2 fois plus n'est pas forcément 2 fois mieux, et que 2 fois plus, c'est peut-être tout à fait autre chose.

Les hommes comparés à des ellipses et les femmes à des cercles pour expliquer leur difficulté à communiquer, et beaucoup de citations, comme celle de Samuel Butler qui aurait dit : « celui qui veut faire le bien doit procéder à tout petits pas; le bien général est l'argument des patriotes, des politiciens, et des filous ».

A lire et à relire, comme la plupart des ouvrages de Watzlawick, notamment « faites vous-même votre malheur » et « la réalité de la réalité ».

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Jeudi 13 mars 2008
« Petit cours d'autodéfense intellectuelle » par Normand Baillargeon, professeur en sciences de l'éducation à l'université du Québec.

J'ai lu ce livre il y a plusieurs mois, mais il semble utile d'en parler, pour compléter mon article du 11, puisque ce livre contient tout le nécessaire pour avoir un regard critique sur les informations dont on nous abreuve.

La première partie est consacrée aux outils de base de pensée critique : langage et mathématiques.
Les plus allergiques aux mathématiques y trouveront des explications claires les notions de base des statistiques et autres pourcentages.

La seconde partie traite de la justification des croyances dans l'expérience personnelle, la science et les médias.

Le tout illustré par Charb, bonne lecture.

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Vendredi 7 mars 2008
« 100 questions de science à croquer », collection « les petites pommes du savoir » aux éditions du pommier.

Toutes, ou presque, les questions qu'on se pose, ou pas, sur la science.
De « 1,1,2,3,5,8,13, quel est le nombre suivant ? » à « Y a-t-il des bonnes et des mauvaises siestes ? », en passant par « le hasard est-il prévisible ? », « peut-on rêver les yeux ouverts ? », ou, « pourquoi la majorité des français gagnent-ils moins que le salaire moyen ? ».

Les domaines abordés sont nombreux : mathématiques, physique, biologie, agriculture, santé, botanique, économie, etc.

Les intervenants sont aussi variés qu'experts dans leur domaine : la plupart sont chercheurs.

Les plus âgés de mes lecteurs apprendront avec une joie évidente que le jus de  pamplemousse dope les effets du viagra. Ils apprendront par la même occasion que des substances en apparence anodines peuvent potentialiser ou annuler les effets des médicaments, et que la naturel peut donc interférer avec l'artificiel.

Pour ce qui est de la première question (« 1,1,2,3,5,8,13, quel est le nombre suivant ? »), ma surprise a été grande d'apprendre qu'un théorème affirme qu'une suite d'opérations élémentaires permet de justifier le choix de n'importe quelle valeur pour continuer la suite (bien qu'il s'agisse ici de la suite de Fibonacci).

Et tout ça pour seulement 8,5 euros.
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Lundi 11 février 2008
« Travailler avec des cons » par Tonvoisin Debureau, spécialiste international de la connerie en milieu hostile, diplômé en conologie appliquée et docteur honorifique de multiples institutions à la con.

Toute personne ayant travaillé a forcément, à un moment ou à un autre, travaillé avec des cons.
Ceux qui par miracle auraient échappé à cette calamité trouveront dans ce livre le portrait de ceux qu'ils ne manqueront pas de croiser tôt ou tard.

Les premiers chapitres font le portrait du con au bureau, assorti de quelques exercices pratiques (comment répondre à un vrai con, par exemple).

Plus loin on découvre la classification des cons au bureau, suivie de leurs portraits clinique et pathologique.

Les maladies les plus courantes sont aussi les plus connues : réunionite aïgue, jesaistoutite, autoritite, rumeurite hallucinogène, confrérite frénétique,  jmenmêlite, et autres joyeusetés.

Le livre se termine par un cours d'éradication des cons, et une inévitable con-clusion.

Pour ce qui est de l'éradication, il va de soi que le con, c'est toujours l'autre. Le corollaire est qu'on est forcément le sien. Autrement dit, une éradication totale reviendrait à la disparition de l'espèce humaine (au moins au bureau). Mais est-ce si grave ?

On trouvera en annexe, plus sérieusement, des liens vers des sites ayant trait au harcèlement moral.
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Vendredi 21 décembre 2007
« Sans nouvelles de Gurb » d'Eduardo Mendoza, romancier espagnol, prix du meilleur roman étranger en 1988 pour « la ville des prodiges ».

Gurb et son coéquipier, éminents extraterrestres qui voyagent sous forme incorporelle puisque faits d'intelligence pure, ont atterri près de Barcelone.
Afin de prendre contact avec les formes de vie locales, Gurb prend l'apparence de Madonna.

Après quelques heures sans nouvelles, son coéquipier part à sa recherche, d'abord sous l'apparence du comte et duc d'Olivares, puis sous diverses autres (dont un pape, un toréador, etc.).

Le ton et les situations font immanquablement penser à Douglas Adams, et sa célèbre trilogie en 5 volumes du « guide galactique », en beaucoup plus rythmé, et surtout concis.

Le guide galactique  passerait presque, en comparaison, pour aussi divertissant qu'un rapport de la cours des comptes.


ti_bug_fck
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Jeudi 11 octobre 2007
« Les français aussi ont un accent » par Jean-Benoît Nadeau, journaliste québécois.

Ce livre est le compte-rendu en 22 chapitres de son séjour en France de 2 ans (1998-2000) comme correspondant pour l’ICWA, Institute of Current World Affairs, à ne pas confondre avec l’autre ICWA : International Catch Wrestling Alliance.

On en apprend beaucoup sur nous et nos travers, de l’existence de José Bové (dans le chapitre « grand guignol dans le Larzac ») prouvée mathématiquement au mystère de la crotte de chien à Paris, en passant par Halloween célébré à la normande.

Même l’église n’est pas épargnée : « les curés en beurrent toujours épais à la messe de minuit, parce que c’est le gros show de l’année ».

Parmi  les réflexions les plus marquantes de l'auteur, la plus réaliste est sans doute celle qu’il fait lors d’un passage à Toulouse et qu’il voit le « bélouga », l’avion cargo d’Airbus : « le bélouga est la métaphore parfaite de l’Europe, son symbole : une improbable baleine volante qui ne ressemble à rien et qui vole malgré toutes les lois du bon sens ».

Pour voir autrement les français face à la mondialisation.

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Jeudi 4 octobre 2007
« L’humanité disparaîtra, bon débarras » par Yves Paccalet, philosophe, écrivain, scénariste, etc.

Le titre n’est pas trompeur, on lit dès les premières pages : « je conçois mal que l’évolution darwinienne, qui ne s’encombre ni de morale, ni de finalité, ni de ‘dessin intelligent’, ait pu favoriser une espèce aussi envahissante, nuisible, mal embouchée et peu durable. »

Le reste est à l’avenant et se lit vite, le livre est court. Tout y passe, même une citation façon « matrix » : « l’homme est le cancer de la terre ».

On y apprend que l'EPI (Earth Policy Institute) a calculé que si la Chine poursuit sa croissance, elle rattrapera les USA en 2030 en PIB par habitant, et comptera plus d’un milliard de voitures, alors qu’il y en a 800 millions aujourd’hui sur terre. Dans la même hypothèse, elle émettrait deux fois plus de gaz à effet de serre que le reste du monde et absorberait 4/5 de la production actuelle de viande et 2/3 de celle de céréales.

Qui peut croire qu’un tel système est viable ? Sûrement pas l’auteur, dont on se demande s’il est plus misanthrope que désespéré ou le contraire.

Le livre se termine par 13 scénarios catastrophes : d’une météorite tueuse à la disparition de la couche d’ozone, en passant par les OGM ou les armes de destruction massive, entre autres joyeusetés.

Heureusement, la suite du livre est sortie, sous le titre « Sortie de secours », à croire qu’il y en a une.
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Vendredi 28 septembre 2007
« 100 petites expériences de psychologie en entreprise » de Lionel Dagot, docteur en psychologie du travail et enseignant-chercheur.

Une centaine de questions qu’on se pose, ou pas, sur la vie en entreprise :
Pourquoi devez-vous éviter de parfumer votre CV ?
Un site Internet peut-il faire fuir les meilleurs candidats ?
Faut-il blâmer ceux qui travaillent mal ?
Les vendeurs sont-ils filous par nature ?

Chaque expérience est présentée, commentée, et suivie de la liste des références à consulter pour plus d’information.

On apprend quelles méthodes de management appliquer et avec qui, savoir organiser des brainstormings qui fonctionnent, et savoir pourquoi.

Il y a des titres de chapitres qui interpellent : « mieux vaut une petite qui avance qu’une grande paresseuse », il s’agit de la taille d’une équipe, bien entendu.

Tous les thèmes de la vie en entreprise sont traités : le recrutement, l’évaluation, l’innovation, le management, la discrimination, l’égalité hommes femmes, les conditions de travail, et le rapport vie privée – travail.

Ce livre confirme aussi qu’il est plus difficile pour un cadre de décrocher un entretien s’il est chômeur plutôt qu’en activité : 9% de chances d’avoir un entretien pour un cadre en activité, contre 6% pour un cadre sans emploi.

A méditer.
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Vendredi 21 septembre 2007
« Réveille-toi Jules Ferry, Ils sont devenus fous » par Emmanuel Davidenkoff.

Encore un livre sur l’éducation nationale ? Oui, encore un, de 2006, centré sur les programmes et problèmes du collège.

On apprend (ou plutôt, « on doit apprendre ») au collège « les arbres phylogénétiques construits selon les principes de la cladistique ». Palpitant.

Et pas étonnant, puisque les professeurs d’université sont majoritaires aux jurys de sélection des enseignants, qui sont donc jugés essentiellement sur leur savoir théorique, puis envoyés dans les établissements les plus difficiles.

Les cris d’alarme de datent pas d’hier, puisque dès 1985 (le collège unique date de 1975, c’est la réforme Haby), le collège de France fustigeait déjà la tendance à l’encyclopédisme, dénonçait « l’inertie institutionnelle et mentale », entre autres compliments.

Pour mettre fin au mythe du « niveau qui monte », le collectif « sauver les lettres » a fait passer un test à 2300 élèves de seconde en 2000, puis en 2004. Le test portait sur une dictée du brevet des collèges de 1988 et des questions de grammaire.

En 2000, 28% des élèves ont zéro, 4 ans plus tard, on passe à 56%. 9,27% des élèves ont eu une note supérieure à 15 en 2000, contre 6% en 2004.

Sur la même  période (2000-2004), le taux d’accès au baccalauréat est resté stable à 62%.

Bonne lecture.
nti_bug_fck
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Présentation

Profil

  • : demandeur d'emploi
  • affresdemploi
  • : Homme
  • : 01/01/1970
  • : Ailleurs
  • : 20 ans d'expérience en informatique de gestion, puis un diplôme d'ingénieur, au chômage depuis janvier 2007. Inemployable pour une SSII, irrécupérable pour les autres : trop cher, trop vieux, à la fois trop compétent et pas assez.

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