Dimanche 23 septembre 2007
« Tout le monde descend » Darwin
« Enchanté » Merlin
« Tell père, Tell fils » proverbe suisse
« La place d’une femme est au foyer » Landru
« N’y touchez pas, il est brisé » Clovis
D’après Claude Gagnière dans "pour tout l’or des mots"
par demandeur d'emploi
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Vendredi 14 septembre 2007
Ne jamais en parler dans l’annonce : de toutes façons, vous allez toujours au moins cher et êtes professionnels de la contre argumentation pour justifier d’embaucher les gens pour
beaucoup moins que ce qu’ils valent. Si vraiment l’envie irrépressible d’en parler vous prend, utiliser une fourchette du style « 20 à 60 k€ selon profil et expérience », dont personne ne sera dupe
qu’elle signifie « 20 à 20 k€ ».
Ne pas hésiter à faire étalage, à la fin de l’entretien qui suivra, s’il est concluant, des « compléments de rémunération » : tickets restaurant à 2 euros, participation et intéressement (surtout
s’il ne s’agit que de quelques euros ou que l’entreprise perd de l’argent, la plupart des candidats ne se renseignent pas). Ajouter le tout au salaire brut (ça n’a aucun sens mais ça se fait
beaucoup) pour présenter un « brut » qui ait l’air plus honnête.
Faire aussi miroiter un 13ème ou 14ème mois, sous forme de prime, ça motive, et il sera toujours temps de les refuser en fin d’année sous prétexte de « non atteinte des objectifs » qui auront été
définis de manière suffisamment floue (c’est la base du management) pour permettre une interprétation défavorable.
L’ensemble de ces conseils devrait vous permettre de mettre sur pied une équipe bancale, démotivée et incompétente qui sera, bien entendu, présentée sous un tout autre jour aux clients
éventuels, et facturée au prix fort : vous avez un train de vie à assumer et des comptes à rendre sur la marge.
Après tout ça, gardez à l’esprit qu’il faut toujours s’étonner du taux de turnover, qui n’a décidément aucune explication rationnelle.
par demandeur d'emploi
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Mercredi 12 septembre 2007
Personne ne veut être programmeur, or, c’est 90% des postes à pourvoir. Il est donc important de choisir ses mots : on parlera d’ingénieur en développement d’applications, ça sonne
mieux.
Les plus madrés parleront d’ingénieur analyste concepteur réalisateur en systèmes d’information (ridicule mais authentique).
Toujours mentionner « ingénieur », même s’il s’agit de recruter des bac+2, ça flatte l’ego du recruté, et ça permettra plus tard de lui reprocher de ne pas l’être.
La moindre mission technique deviendra une « opportunité dans un secteur high-tech porteur », voire, « à la pointe de l’innovation technologique dans notre laboratoire R&D », ne pas hésiter à
en rajouter, tout le monde le fait.
Demandez des compétences introuvables ailleurs que dans vos locaux, en demandant plusieurs années d’expérience (de 5 à 10 pour faire bonne mesure), et prenez un air désespéré en constatant que les
réponses sont, forcément, toutes à côté de la plaque, et qu’il est décidément bien difficile de recruter.
Pensez à faire pitié avec la « pénurie » dans divers reportages, si possible, passez au JT de 20h sur TF1 ou France 2 pour pleurnicher (ou sur France 3, TLT, Clermont première, etc. pour montrer
votre implantation régionale).
Rajoutez « anglais courant/bilingue souhaité (ou obligatoire) », ça fait sérieux, même si ça ne servira qu’à lire des documentations que vous n’avez pas les moyens (ou l’envie) d’acheter en
français.
Exigez une disponibilité immédiate, tout en gardant à l’esprit que vous ne recruterez sous aucun prétexte un demandeur d’emploi : c’est totalement aberrant, mais c’est la règle.
par demandeur d'emploi
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