Journalisme ?
Un article de ce début de semaine a attiré mon attention, sur une pleine page dédiée aux « carrières », il titre : « les SSII programment un maximum d'embauches ».
On y trouve beaucoup de chiffres particulièrement alléchants quant au nombre de recrutements prévus, puisque toutes les « grandes » sociétés envisageraient des recrutements par milliers.
Les plus demandés sont, bien entendu, les « jeunes diplômés », avec des rémunérations à faire pâlir de jalousie les personnes déjà embauchées.
Il est dit que la fourchette d'embauche va de 33 à 35 Keuros (1), auxquels s'ajoute comme il se doit, l'épargne salariale...Bien qu'ayant plus de 15 ans d'expérience, lorsque je demande 35 Keuros, le recruteur se tient les côtes devant tant de prétention : il est vrai que mon bac+5 ne fait pas de moi un jeune diplômé, et que mon âge me fait passer pour un sénior sur le retour.
L'APEC précise même qu'il n'y a « que » 20 candidatures par annonce proposée : c'est ça la définition de la pénurie ?
Heureusement, un responsable de recrutement vient tempérer ces propos délirants, en précisant que pour un appel d'offres, plusieurs sociétés proposeront leurs services, et donc passeront des annonces, bien qu'au final, un seul poste soit à pourvoir.
Ce qui m'amène à une remarque : ces sociétés se comportent donc comme des sociétés d'intérim : comment peuvent-elles prétendre proposer un CDI alors qu'une mission est par définition d'une durée limitée ?
L'évidence est pourtant là : la dernière fois que le marché de l'emploi informatique a prétendument atteint un tel niveau de tension (2), en 1999, il a été suivi d'un effondrement tout aussi brutal, et quelques milliers de licenciements, à l'image du marché de l'immobilier.
D'autant que le fait que la presse non spécialisée et les grands médias évoquent ce phénomène montre qu'il a atteint son paroxysme, et que la chute n'est plus très loin.
Je peux de toutes façons prévoir n'importe quoi : je n'atteindrais jamais le niveau des meilleurs économistes et autres experts, exemples : « le baril de pétrole sera à plus de 150$ en août », « les prix de l'immobilier ne vont pas chuter en France », « la France aura 2% de croissance en 2008 », etc.
Donc : tout ça n'augure rien de bon.
PS : l'article donne comme référence à consulter le site www.munci.org, qui justement, montre que la pénurie est plus virtuelle que réelle
(1) Petite précision pour les lecteurs issus de la fonction publique (ne riez pas : il y en a) qui trouveraient ce chiffre incroyablement élevé : il faut retirer 23 à 24% de charges, ce qui ramène le salaire autour de 2000 euros nets.
(2) Comme en 1999, des sociétés proposent (et m'ont proposé !) de former des personnes sans compétence informatique, et leur promettent une « carrière » dans un domaine porteur.
On y trouve beaucoup de chiffres particulièrement alléchants quant au nombre de recrutements prévus, puisque toutes les « grandes » sociétés envisageraient des recrutements par milliers.
Les plus demandés sont, bien entendu, les « jeunes diplômés », avec des rémunérations à faire pâlir de jalousie les personnes déjà embauchées.
Il est dit que la fourchette d'embauche va de 33 à 35 Keuros (1), auxquels s'ajoute comme il se doit, l'épargne salariale...Bien qu'ayant plus de 15 ans d'expérience, lorsque je demande 35 Keuros, le recruteur se tient les côtes devant tant de prétention : il est vrai que mon bac+5 ne fait pas de moi un jeune diplômé, et que mon âge me fait passer pour un sénior sur le retour.
L'APEC précise même qu'il n'y a « que » 20 candidatures par annonce proposée : c'est ça la définition de la pénurie ?
Heureusement, un responsable de recrutement vient tempérer ces propos délirants, en précisant que pour un appel d'offres, plusieurs sociétés proposeront leurs services, et donc passeront des annonces, bien qu'au final, un seul poste soit à pourvoir.
Ce qui m'amène à une remarque : ces sociétés se comportent donc comme des sociétés d'intérim : comment peuvent-elles prétendre proposer un CDI alors qu'une mission est par définition d'une durée limitée ?
L'évidence est pourtant là : la dernière fois que le marché de l'emploi informatique a prétendument atteint un tel niveau de tension (2), en 1999, il a été suivi d'un effondrement tout aussi brutal, et quelques milliers de licenciements, à l'image du marché de l'immobilier.
D'autant que le fait que la presse non spécialisée et les grands médias évoquent ce phénomène montre qu'il a atteint son paroxysme, et que la chute n'est plus très loin.
Je peux de toutes façons prévoir n'importe quoi : je n'atteindrais jamais le niveau des meilleurs économistes et autres experts, exemples : « le baril de pétrole sera à plus de 150$ en août », « les prix de l'immobilier ne vont pas chuter en France », « la France aura 2% de croissance en 2008 », etc.
Donc : tout ça n'augure rien de bon.
PS : l'article donne comme référence à consulter le site www.munci.org, qui justement, montre que la pénurie est plus virtuelle que réelle
(1) Petite précision pour les lecteurs issus de la fonction publique (ne riez pas : il y en a) qui trouveraient ce chiffre incroyablement élevé : il faut retirer 23 à 24% de charges, ce qui ramène le salaire autour de 2000 euros nets.
(2) Comme en 1999, des sociétés proposent (et m'ont proposé !) de former des personnes sans compétence informatique, et leur promettent une « carrière » dans un domaine porteur.
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